Training Takaful ISET Radès

Training Takaful animé par Ezzedine GHLAMALLAH de SAAFI à l’Institut Supérieur d’Etudes Technologique (ISET) de Radès.

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Symposium Algérien de l’Assurance et de la Finance Islamiques SAAFI 2018

1er Symposium Algérien de l’Assurance et de la Finance Islamiques sous le Patronage du Haut Conseil Islamique organisé par SAAFI et MED VOYAGES les 24 et 25 novembre 2018 au Palais de la Culture d’Alger.

Allocution d’ouverture par le Cheikh El Mamoune El Kacimi El Hassani du Haut Conseil Islamique.

Comité d’organisation du SAAFI 2018.

Allocution de clôture du SAAFI 2018, avec le Cheikh El Mamoune El Kacimi du HCI, Prof. Boudjelal de l’université de M’sila, Prof. Bouheraoua de l’ISRA, Mme Amri de TAIF, Mme Samba du Ministère de l’Economie solidaire et de la Microfinance du Sénégal, M. Benmouhoub de la Bourse d’Alger, M. Naouri ancien secrétaire du CNA et Directeur Général de CAARAMA et de CASH Assurances, M. Amirou de la Direction de l’éducation de Tizi Ouzou, M. Ait Hadane de la banque Al Baraka, M. Bentaibi de l’ASMECI et M. Tabib.

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La société d’assurance mutuelle pour réaliser des opérations Takaful en Europe

En France, le statut de société d’assurance mutuelle prévu par le Code des assurances permet de pratiquer à la fois le Takaful général et famille tout en restant fidèle aux principes de mutualisme et de philanthropie.

Les sociétés d’assurances mutuelles remplissent à la fois les conditions du modèle Takaful coopératif (but non lucratif, solidarité, cotisations variables, rappel et ristournes de cotisations) et qu’elles sont également par essence, conformes à l’esprit du Waqf. Cette spécificité est de nature propice à considérer la possibilité de créer un fonds Takaful dans le cadre juridique français de l’assurance mutuelle, disposant d’un fonds d’établissement constitué sous la forme d’un Waqf. Grâce au passeport européen, la société une fois créée pourrait offrir ses couvertures sur tout le continent européen.

En créant une société d’assurance mutuelle, investissant ses actifs de manière conforme aux règles de la finance islamique, disposant d’un conseil de supervision Charia comme préconisé par les standards AAOIFI et IFSB en vigueur, est obtenu un modèle permettant d’obtenir un consensus quant à sa conformité, et dans lequel les parties prenantes peuvent avoir une plus grande confiance.

L’expression développement « durable », ou « soutenable », a été citée pour la première fois en 1987, la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’Organisation des Nations unies l’a défini dans le rapport Brundtland comme étant : « les formes de développement qui répondent aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures à répondre aux leurs ». Ce concept n’est pas sans rappeler celui des finalités la Charia qui cherchent à favoriser tout ce contribue à la préservation de la création.

A ce titre, la société Takaful qui souhaitera parfaire sa mise en œuvre en Europe devra également appliquer ces principes et être à la pointe en matière de RSE. En plus d’être certifiée conforme au droit européen et à la Charia, il lui faudra également veiller à la mise en œuvre des recommandations de la norme ISO 26 000 qui précise l’intégration des normes de responsabilité sociale, de gouvernance et d’éthique au sein des organisations. A titre d’exemple d’institutions financières islamiques ayant intégré dans leur gestion les principes de la RSE, on peut citer le gérant d’actifs saoudien SEDCO Capital qui a intégré les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) dans deux de ses fonds d’actions, et Arabesque Asset Management qui a également intégré les principes de l’ESG qui permettent à ses fonds d’être commercialisés auprès d’investisseurs socialement responsables. Pour être à la pointe en matière de RSE, cette société Takaful de droit européen devra aussi réaliser des investissements qui soient à la fois conformes aux règles de la finance islamique mais aussi à celles de l’investissement socialement responsable (ISR), cela de manière à respecter la lettre du droit musulman mais surtout à en incarner l’esprit. Cela aura pour effet de séduire des personnes attirées par la conformité à l’éthique musulmane mais aussi des personnes à la recherche d’un modèle alternatif plus proche des valeurs de solidarité, de partage et de responsabilité.

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Éthique et assurance Takaful

L’assurance Takaful doit être à la disposition des non-musulmans. Il y a plus de non-musulmans que de musulmans dans le monde et beaucoup d’entre eux pourraient apprécier la nature éthique, transparente et équitable de l’assurance Takaful. L’assurance Takaful ne doit pas être commercialisée de manière exclusive à destination des musulmans mais de manière inclusive à l’attention de tous.

On peut penser qu’à mesure que l’assurance Takaful consolidera ses fondations, de nombreux consommateurs, indépendamment de leur religion vont être attirés par cette nouvelle forme d’assurance basée sur des principes de transparence, d’éthique, de solidarité, de mutualité, de partage des risques, d’absence de spéculation et d’enrichissement au détriment d’autrui.

C’est une des raisons pour lesquelles nous préférons l’appellation d’assurance Takaful – que l’on peut aisément traduire par assurance « solidaire » – à celle d’assurance « islamique ». Afin de permettre au plus grand nombre de se reconnaitre dans les produits et les services offerts, il est important que l’assurance Takaful s’adresse à tous.

En effet, l’appellation « islamique » n’est pas inclusive et offre de nombreux inconvénients : une personne non musulmane pourrait avoir tendance à croire que ce type d’assurance n’est réservé qu’aux seuls musulmans alors qu’une personne musulmane aura l’impression que la religion est utilisée à des fins mercantiles. Les musulmans considèrent la religion comme sacrée, immuable et parfaite. Beaucoup pensent que la finance islamique en tant que construction humaine imparfaite ne mérite pas ce qualificatif d’autant plus que de nombreuses pratiques que l’on constate dans l’industrie ne sont pas nécessairement éthiques (Sukuk basés dans des paradis fiscaux, manque de transparence, financement d’industries polluantes et néfastes pour l’environnement, conflits d’intérêts, déficit de conformité, rémunérations excessives, etc.). Dans les deux cas cette appellation a pour conséquence de réduire le potentiel de développement en éloignant les non-musulmans et en éveillant la méfiance des musulmans.

Plus récemment, en France la ville de Nice a interdit à un courtier d’apposer sur son enseigne la mention « finance islamique » par crainte de trouble à l’ordre public, cette appellation peut également avoir pour conséquence d’entretenir les amalgames, ce dont l’assurance Takaful n’a aucunement besoin pour poursuivre son développement.

Nous ne disons pas qu’il faille revenir sur les fondements de la finance islamique et de l’assurance Takaful – partage des risques et adossement à l’économie réelle, prohibition de l’intérêt Ribâ, des transactions aléatoires Gharar, de la spéculation Maysir et financement d’activités nocives à la vie Haram – mais qu’il est nécessaire de développer un modèle qui en plus d’être respectueux de la jurisprudence musulmane et du droit local soit éthique.

Le terme « éthique » provient du grec « ethos » qui a pour sens « règle de vie », au même titre que la « morale ». L’éthique est différente de la règle de droit, elle est basée sur la bonne volonté, n’est pas soumise à sanction en cas de non application, et n’a pas de caractère obligatoire. C’est la raison pour laquelle ce modèle doit s’imposer d’aller au-delà des contraintes légales, en refusant par exemple tout investissement dans des activités néfastes à la vie humaine, animale et environnementale. De cette manière, une alternative à la finance « moderne » basée sur l’intérêt et la spéculation pourra voir le jour : une finance « traditionnelle », revivifiée et respectueuse des trois monothéismes et des enseignements aristotéliciens dans laquelle de nombreux individus à la recherche d’une forme de finance plus respectueuse de la création pourront enfin se reconnaitre.

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