Symposium Algérien de l’Assurance et de la Finance Islamiques SAAFI 2018

1er Symposium Algérien de l’Assurance et de la Finance Islamiques sous le Patronage du Haut Conseil Islamique organisé par SAAFI et MED VOYAGES les 24 et 25 novembre 2018 au Palais de la Culture d’Alger.

Allocution d’ouverture par le Cheikh El Mamoune El Kacimi El Hassani du Haut Conseil Islamique.

Comité d’organisation du SAAFI 2018.

Allocution de clôture du SAAFI 2018, avec le Cheikh El Mamoune El Kacimi du HCI, Prof. Boudjelal de l’université de M’sila, Prof. Bouheraoua de l’ISRA, Mme Amri de TAIF, Mme Samba du Ministère de l’Economie solidaire et de la Microfinance du Sénégal, M. Benmouhoub de la Bourse d’Alger, M. Naouri ancien secrétaire du CNA et Directeur Général de CAARAMA et de CASH Assurances, M. Amirou de la Direction de l’éducation de Tizi Ouzou, M. Ait Hadane de la banque Al Baraka, M. Bentaibi de l’ASMECI et M. Tabib.

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Impulsion politique pour le développement de la finance islamique en Algérie

Bien que de multiples annonces prévoyaient que trois banques publiques algériennes allaient offrir des solutions conformes à la finance islamique avant fin 2017, seule la Caisse nationale d’épargne et de prévoyance (CNEP) a lancé en novembre 2017 un produit de financement immobilier islamique.

Malgré ce contretemps, l’Algérie Presse Service (APS) rapporte que l’actuel ministre des Finances, Abderrahmane Raouia, a récemment affirmé que d’autres produits participatifs proposés par la Banque de développement local (BDL) et la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) seront lancés au cours du premier semestre 2018. Rappelons qu’à l’instar de la CNEP, la BDL propose déjà depuis 2016 un compte d’épargne sans intérêt.

Le ministre a par ailleurs indiqué que les autres banques publiques devaient lancer leurs produits participatifs au cours du second semestre. L’APS indiquait également en février 2018 qu’une instance de contrôle, dont la Banque d’Algérie et le Haut Conseil Islamique seraient parties prenantes, allait être mise sur pieds pour accompagner les opérateurs et le développement du marché.

Mieux financiariser l’économie algérienne

Du côté de la Bourse d’Alger, le travail d’implantation de la finance islamique et de ses instruments suit son cours : la place développe actuellement des structures et des montages permettant l’émission de Sukuk (certificats islamiques) dans le but d’être pleinement opérationnelle une fois le cadre légal défini. Rappelons que d’après ICD & Thomson Reuters, le marché mondial des 2438 Sukuk en circulation valait 345 milliards de dollars en 2016 et doit dépasser à horizon 2022 la barre des 600 milliards de dollars.

L’ensemble de ces mesures doit permettre à l’Algérie de mieux financiariser son économie affaiblie par des exportations insuffisantes et le poids du marché informel. L’utilisation des Sukuk et la création d’une offre grand public remplissent le même objectif de financement de l’économie algérienne, leurs contributions à l’atteinte de cet objectif ne s’effectuent cependant pas de la même manière mais restent néanmoins complémentaires.

Non seulement l’utilisation des Sukuk va permettre à l’Algérie de diversifier ses sources de financement externes en lui donnant accès aux investisseurs institutionnels islamiques, mais elle va aussi contribuer au financement de ses entreprises nationales qui pourront, une fois que le marché sera mature, trouver en ces titres hybrides participatifs une solution de financement à leurs problématiques de trésorerie sans pour autant passer par une introduction en bourse ou avoir recours à des émissions obligataires.

Soutenir le marché de l’immobilier et de la construction

Quant à l’offre de produits bancaires grand public, elle aura pour premier effet de soutenir le marché de l’immobilier et de la construction grâce à l’octroi de nouveaux crédits. Grâce à la mise sur le marché d’une offre grand public de comptes d’épargne sans intérêts et/ou participatifs, les banques arriveront à drainer de nouvelles ressources dormantes thésaurisées hors circuit bancaire ou en circulation sur le marché informel.

Le 12 mars 2018, le Fonds monétaire international (FMI) indiquait dans un communiqué que l’Algérie avait intérêt à consolider sa situation budgétaire sans avoir pour autant recours au financement monétaire de la banque centrale. Dans cette optique, le FMI préconisait de recourir à un large éventail d’instruments de financement, notamment l’émission de titres de dette publique et idéalement d’emprunts extérieurs pour financer des projets d’investissements bien choisis.

Il y a donc fort à parier que l’Algérie émette un Sukuk souverain dans un avenir proche et que le développement de la finance islamique s’accélère.

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Golden Belt Sukuk : BNP Paribas perd son procès face à deux fonds spéculatifs new-yorkais

La Haute Cour de justice du Royaume-Uni a estimé, jeudi 8 décembre, que BNP Paribas avait fait preuve de négligence en concluant une transaction sukuk – Golden Belt Sukuk – de 650 millions de dollars (550 millions d’euros) rendue invalide et inapplicable en vertu de la loi saoudienne. Un verdict qui donne à deux fond spéculatifs (hedge funds) new-yorkais le droit de recouvrer les dommages causés, selon Islamic Finance News.

Le papier islamique d’une maturité de cinq ans, émis en 2007 pour Saad Trading Contracting & Financial Services Company, a fait défaut deux ans plus tard lorsque le gouvernement saoudien a gelé les actifs de Saad Group détenu par son fondateur, le milliardaire Maan Al-Sanea, embourbé dans des allégations de fraude. Bien qu’il cherchait à échapper à la justice et à devoir de grosses sommes d’argent à ses créanciers, Maan Al-Sanea a été arrêté en octobre 2017 juste avant que le prince héritier Mohammad Ben Salmane mène une purge anti-corruption à l’échelle du royaume saoudien.

La banque française a été traduite en justice par l’administrateur de Golden Belt Sukuk ainsi que par Fortress Investment Group et Cyrus Partners, des hedge funds américains qui ont acheté les sukuk à des prix fortement réduits entre 2009 et 2011 suite au gel des comptes de Saad Group, lorsque des allégations de fraude et de falsification contre Maan Al-Sanea ont fait surface.

Fortress et Cyrus Partners ne pouvaient pas faire valoir le billet à ordre devant les tribunaux saoudiens, car il n’avait pas été signé d’une manière jugée conforme à la loi saoudienne : le document ne portait pas une signature manuscrite de Maan Al-Sanea, qui donnait également sa garantie personnelle au Golden Belt Sukuk, un contrat sursouscrit par des investisseurs en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.

Les plaignants ont fait valoir que BNP Paribas avait « laissé tomber » l’exécution du billet à ordre, faute de s’assurer qu’il était dûment signée au nom de Saad Group, surtout à la lumière des accusations de blanchiment d’argent portées contre son fondateur. La justice a convenu et a décidé que la banque avait manqué à l’une de ses obligations contractuelles.

Un nouveau procès en vue pour évaluer le préjudice subi

« Les porteurs de titres ont le droit de recouvrer au titre de préjudice la différence entre le recouvrement, le cas échéant, qu’ils auraient effectué si le billet à ordre avait été valide et le recouvrement, le cas échéant, auquel ils seraient parvenus en fait », a souligné le juge Stephen Males.
L’évaluation du préjudice subi par les porteurs sera traitée lors d’un nouveau procès. Cette décision favorable pourrait soulager les acteurs du marché qui surveillent de près les suites légales des cas de défaut de sukuk, qui ont ébranlé la confiance des investisseurs dans les instruments islamiques, notamment après que le cas du producteur d’énergie de Sharjah Dana Gas ait conduit à l’invalidation d’un sukuk de 700 millions de dollars sur la base de sa non-conformité islamique.

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Finance islamique : l’Algérie dans les starting blocks

La finance islamique au secours du déficit algérien

En dépit de l’introduction de la banque Al Baraka d’Algérie au début des années 1990 et en l’absence d’un cadre juridique et règlementaire, la finance islamique est restée relativement peu développée en Algérie, la guerre civile n’ayant également pas facilité son développement. Seules certaines banques privées disposant de capitaux étrangers, telles que les banques Al Baraka d’Algérie, Algeria Gulf Bank, Al Salam Bank Algeria et Trust Bank Algeria proposent actuellement des produits financiers islamiques.

Dans le but de combler son déficit budgétaire causé par la baisse du prix du baril et la faiblesse des exportations, le gouvernement algérien souhaite dans les prochains mois faire évoluer rapidement ce secteur. Dans un premier temps, et d’ici la fin de l’année, une offre financière conforme à la jurisprudence musulmane sera offerte par deux banques publiques (dont les noms n’ont pas encore été dévoilés), puis par quatre autres en 2018. Le gouvernement algérien prévoit également d’avoir recours à plusieurs émissions souveraines de Sukuk entre 2018 et 2022 dont la première devrait avoir lieu l’année prochaine.

Se financer sur les marchés financiers islamiques et capter les ressources des marchés informels

A ce jour, l’Algérie dispose encore de réserves de changes pour un montant de 103 milliards de dollars et des réserves en or estimées par le chef du gouvernement à 6 milliards de dollars. Mais avec un déficit budgétaire de 12,9 % du PIB en 2016 d’après le Fonds Monétaire International, c’est 18 milliards de dollars qu’il faudrait encore aller chercher sur les marchés financiers, ou dans l’économie informelle qui d’après le gouverneur de la Banque d’Algérie représenterait 20 milliards de dollars en circulation.

L’offre financière islamique proposée par les banques publiques doit permettre de mobiliser les ressources se trouvant en dehors du circuit bancaire alors que les émissions souveraines de Sukuk doivent permettre à l’Algérie de financer son déficit sur les marchés financiers islamiques.

L’adoption d’une politique non conventionnelle par la Banque d’Algérie

En parallèle, la Banque d’Algérie souhaite avoir recours aux techniques de financement non conventionnelles (politique de taux bas et assouplissements quantitatifs) mises en place après la crise de 2008 par la Banque Centrale Européenne et la Réserve Fédérale Américaine. L’injection massive de liquidités créées ex-nihilo permettra certes de payer les salaires des fonctionnaires algériens mais aura pour conséquence immédiate de renforcer l’inflation. Avec la dépréciation du dinar algérien, ce palliatif aura pour effet secondaire d’alourdir la facture des importations qui contribuera à la détérioration de la balance commerciale et donc in fine à l’aggravation du déficit, engendrant un cercle vicieux ne permettant pas de s’en extraire.

Le développement de la finance islamique s’annonce donc de bon augure pour les finances publiques algériennes.

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SAAFI à l’Institut de Recherche et de Formation en Finance Islamique (IRFFI)

Le Directeur de SAAFI était à l’Institut de Recherche et de Formation en Finance Islamique (IRFFI) d’Algerie pour former les collaborateurs de la Banque Agricole et de Développement Rural.

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Voir la SAAFI au salon de l’Algérie

 

KT Bank, première banque islamique d’Europe continentale, poursuit sa croissance

La première banque islamique d’Europe continentale est allemande et elle s’appelle KT Bank AG. Domiciliée à Francfort, elle poursuit sa croissance.

La filiale de la banque turque Turkish Kuveyt Türk Participation Bank dont les actionnaires incluent Kuwait Finance House, l’une des plus importantes banques islamiques du monde, dispose d’une assise financière solide. Kuveyt Türk est présente en Allemagne depuis 2004. En 2010, KT Bank AG a obtenu de l’Autorité fédérale de surveillance des finances (BaFin), une licence de courtage. En mars 2015, après avoir présenté une demande d’agrément en 2012, la BaFin lui a accordé une licence bancaire complète pour la fourniture d’activités de dépôts et de crédits.

Une phase d’établissement terminée

KT Bank AG, première banque islamique d’Allemagne et de la zone euro, dispose de succursales à Francfort, Berlin, Cologne et Mannheim. La banque, qui vient d’achever sa phase de décollage et d’établissement sur le marché allemand, a considérablement amélioré ses résultats d’exploitation.

Avec un portefeuille diversifié, composé de produits et services financiers innovants offerts aux particuliers et aux entreprises, les actifs de la banque ont doublé entre fin de 2015 et fin 2016. L’offre de KT Bank AG comprend également des produits et services bancaires islamiques pour les clients institutionnels.

Des perspectives de croissance de 80 % des actifs en 2017

Ufuk Uyan, président du conseil de surveillance de KT Bank AG mais aussi directeur général et membre du Conseil d’administration de la banque mère Kuveyt Türk Participation Bank à Istanbul, a annoncé des perspectives exceptionnelles : « En 2017, KT Bank AG prévoit une augmentation de 80 % de ses actifs. Nous disposons d’une base solide, la maison mère Kuveyt Türk est la plus grande banque islamique de Turquie et nous sommes soutenus par Kuwait Finance House, l’une des principales institutions financières islamiques du monde. Pourtant, nous n’aurions pas pu déployer ces efforts sans l’aide des autorités de régulation allemandes qui ont été très coopératives lors de la mise en œuvre de ce nouveau modèle d’entreprise ».

« Les principaux acteurs politiques et économiques de la zone euro ont compris que les banques islamiques peuvent contribuer à un marché financier stable et éthique dans les économies occidentales », a-t-il ajouté.

Le président actuel Kemal Ozan, banquier islamique de la première heure, qui a piloté le projet de fondation de la KT Bank AG passera le relai fin avril à Ahmet Kudsi Arslan. Ce dernier, qui a évolué pendant deux décennies au sein de la maison mère Kuveyt Türk Participation Bank, a récemment déclaré : « KT Bank AG est aujourd’hui dans un contexte très favorable, avec ses 70 employés, ses quatre agences et un afflux régulier de nouveaux clients, la banque va poursuivre son développement. Nous continuerons de croître grâce au soutien apporté par nos clients à la recherche d’éthique et d’investissements socialement responsable et à celui de notre société mère. »

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