Symposium Algérien de l’Assurance et de la Finance Islamiques SAAFI 2018

1er Symposium Algérien de l’Assurance et de la Finance Islamiques sous le Patronage du Haut Conseil Islamique organisé par SAAFI et MED VOYAGES les 24 et 25 novembre 2018 au Palais de la Culture d’Alger.

Allocution d’ouverture par le Cheikh El Mamoune El Kacimi El Hassani du Haut Conseil Islamique.

Comité d’organisation du SAAFI 2018.

Allocution de clôture du SAAFI 2018, avec le Cheikh El Mamoune El Kacimi du HCI, Prof. Boudjelal de l’université de M’sila, Prof. Bouheraoua de l’ISRA, Mme Amri de TAIF, Mme Samba du Ministère de l’Economie solidaire et de la Microfinance du Sénégal, M. Benmouhoub de la Bourse d’Alger, M. Naouri ancien secrétaire du CNA et Directeur Général de CAARAMA et de CASH Assurances, M. Amirou de la Direction de l’éducation de Tizi Ouzou, M. Ait Hadane de la banque Al Baraka, M. Bentaibi de l’ASMECI et M. Tabib.

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Impulsion politique pour le développement de la finance islamique en Algérie

Bien que de multiples annonces prévoyaient que trois banques publiques algériennes allaient offrir des solutions conformes à la finance islamique avant fin 2017, seule la Caisse nationale d’épargne et de prévoyance (CNEP) a lancé en novembre 2017 un produit de financement immobilier islamique.

Malgré ce contretemps, l’Algérie Presse Service (APS) rapporte que l’actuel ministre des Finances, Abderrahmane Raouia, a récemment affirmé que d’autres produits participatifs proposés par la Banque de développement local (BDL) et la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) seront lancés au cours du premier semestre 2018. Rappelons qu’à l’instar de la CNEP, la BDL propose déjà depuis 2016 un compte d’épargne sans intérêt.

Le ministre a par ailleurs indiqué que les autres banques publiques devaient lancer leurs produits participatifs au cours du second semestre. L’APS indiquait également en février 2018 qu’une instance de contrôle, dont la Banque d’Algérie et le Haut Conseil Islamique seraient parties prenantes, allait être mise sur pieds pour accompagner les opérateurs et le développement du marché.

Mieux financiariser l’économie algérienne

Du côté de la Bourse d’Alger, le travail d’implantation de la finance islamique et de ses instruments suit son cours : la place développe actuellement des structures et des montages permettant l’émission de Sukuk (certificats islamiques) dans le but d’être pleinement opérationnelle une fois le cadre légal défini. Rappelons que d’après ICD & Thomson Reuters, le marché mondial des 2438 Sukuk en circulation valait 345 milliards de dollars en 2016 et doit dépasser à horizon 2022 la barre des 600 milliards de dollars.

L’ensemble de ces mesures doit permettre à l’Algérie de mieux financiariser son économie affaiblie par des exportations insuffisantes et le poids du marché informel. L’utilisation des Sukuk et la création d’une offre grand public remplissent le même objectif de financement de l’économie algérienne, leurs contributions à l’atteinte de cet objectif ne s’effectuent cependant pas de la même manière mais restent néanmoins complémentaires.

Non seulement l’utilisation des Sukuk va permettre à l’Algérie de diversifier ses sources de financement externes en lui donnant accès aux investisseurs institutionnels islamiques, mais elle va aussi contribuer au financement de ses entreprises nationales qui pourront, une fois que le marché sera mature, trouver en ces titres hybrides participatifs une solution de financement à leurs problématiques de trésorerie sans pour autant passer par une introduction en bourse ou avoir recours à des émissions obligataires.

Soutenir le marché de l’immobilier et de la construction

Quant à l’offre de produits bancaires grand public, elle aura pour premier effet de soutenir le marché de l’immobilier et de la construction grâce à l’octroi de nouveaux crédits. Grâce à la mise sur le marché d’une offre grand public de comptes d’épargne sans intérêts et/ou participatifs, les banques arriveront à drainer de nouvelles ressources dormantes thésaurisées hors circuit bancaire ou en circulation sur le marché informel.

Le 12 mars 2018, le Fonds monétaire international (FMI) indiquait dans un communiqué que l’Algérie avait intérêt à consolider sa situation budgétaire sans avoir pour autant recours au financement monétaire de la banque centrale. Dans cette optique, le FMI préconisait de recourir à un large éventail d’instruments de financement, notamment l’émission de titres de dette publique et idéalement d’emprunts extérieurs pour financer des projets d’investissements bien choisis.

Il y a donc fort à parier que l’Algérie émette un Sukuk souverain dans un avenir proche et que le développement de la finance islamique s’accélère.

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La finance islamique au secours du déficit algérien

En dépit de l’introduction de la banque Al Baraka d’Algérie au début des années 1990 et en l’absence d’un cadre juridique et règlementaire, la finance islamique est restée relativement peu développée en Algérie, la guerre civile n’ayant également pas facilité son développement. Seules certaines banques privées disposant de capitaux étrangers, telles que les banques Al Baraka d’Algérie, Algeria Gulf Bank, Al Salam Bank Algeria et Trust Bank Algeria proposent actuellement des produits financiers islamiques.

Dans le but de combler son déficit budgétaire causé par la baisse du prix du baril et la faiblesse des exportations, le gouvernement algérien souhaite dans les prochains mois faire évoluer rapidement ce secteur. Dans un premier temps, et d’ici la fin de l’année, une offre financière conforme à la jurisprudence musulmane sera offerte par deux banques publiques (dont les noms n’ont pas encore été dévoilés), puis par quatre autres en 2018. Le gouvernement algérien prévoit également d’avoir recours à plusieurs émissions souveraines de Sukuk entre 2018 et 2022 dont la première devrait avoir lieu l’année prochaine.

Se financer sur les marchés financiers islamiques et capter les ressources des marchés informels

A ce jour, l’Algérie dispose encore de réserves de changes pour un montant de 103 milliards de dollars et des réserves en or estimées par le chef du gouvernement à 6 milliards de dollars. Mais avec un déficit budgétaire de 12,9 % du PIB en 2016 d’après le Fonds Monétaire International, c’est 18 milliards de dollars qu’il faudrait encore aller chercher sur les marchés financiers, ou dans l’économie informelle qui d’après le gouverneur de la Banque d’Algérie représenterait 20 milliards de dollars en circulation.

L’offre financière islamique proposée par les banques publiques doit permettre de mobiliser les ressources se trouvant en dehors du circuit bancaire alors que les émissions souveraines de Sukuk doivent permettre à l’Algérie de financer son déficit sur les marchés financiers islamiques.

L’adoption d’une politique non conventionnelle par la Banque d’Algérie

En parallèle, la Banque d’Algérie souhaite avoir recours aux techniques de financement non conventionnelles (politique de taux bas et assouplissements quantitatifs) mises en place après la crise de 2008 par la Banque Centrale Européenne et la Réserve Fédérale Américaine. L’injection massive de liquidités créées ex-nihilo permettra certes de payer les salaires des fonctionnaires algériens mais aura pour conséquence immédiate de renforcer l’inflation. Avec la dépréciation du dinar algérien, ce palliatif aura pour effet secondaire d’alourdir la facture des importations qui contribuera à la détérioration de la balance commerciale et donc in fine à l’aggravation du déficit, engendrant un cercle vicieux ne permettant pas de s’en extraire.

Le développement de la finance islamique s’annonce donc de bon augure pour les finances publiques algériennes.

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SAAFI à l’Institut de Recherche et de Formation en Finance Islamique (IRFFI)

Le Directeur de SAAFI était à l’Institut de Recherche et de Formation en Finance Islamique (IRFFI) d’Algerie pour former les collaborateurs de la Banque Agricole et de Développement Rural.

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Voir la SAAFI au salon de l’Algérie

 

La finance islamique et le takaful pour contribuer au développement de l’Algérie

Une situation économique inédite

Aujourd’hui, la situation économique de l’Algérie est inédite avec des réserves de change qui bien qu’elles soient largement excédentaires ont tendance à s’amenuiser en raison de la baisse des cours du pétrole et des déficits budgétaires. Pour parer à cela, le pays a lancé de grands projets afin de devenir de moins dépendant des hydrocarbures. A cela s’ajoute également une nécessaire revue à la baisse des dépenses publiques.

Nous avons assisté à un nécessaire rééquilibrage des finances publiques permettant une économie plus dynamique et variée du pays concourant donc à une croissance plus forte. En 2017-2018, tablant sur un redressement des cours pétroliers et un investissement public fort, la Banque Mondiale estime que la croissance sera soutenue. Concernant le commerce extérieur et au vu de la baisse des recettes d’hydrocarbures, le déficit selon le FMI a triplé.

Toutefois, la dette extérieure reste faible puisque l’Algérie a largement comblé ce déficit du temps où le prix du pétrole était à son plus haut. Le déficit commercial de l’Algérie a atteint 15,8 milliards de dollars sur les dix premiers mois de 2016, contre un déficit de 13,7 à la même période de 2015, soit une hausse du déficit de 14,75%, ont indiqué les Douanes algériennes. Par ce déficit du commerce extérieur et en dépit des efforts entrepris sur la politique de change, l’inflation a progressé de 4,8% selon le FMI et en moyenne de 4% sur 2001-2014.

Cela s’explique également par une dépréciation de 20% de la valeur nominale du dinar visant à corriger les déséquilibres extérieurs. Cependant, le FMI table sur une baisse de l’inflation induite par un assainissement budgétaire des activités hors hydrocarbures et indique que le fléchissement des prix pétroliers représente une occasion de procéder à une réorientation structurelle de l’économie, allant de la prédominance du pétrole vers une croissance plus diversifiée.

Développer l’épargne pour financer l’économie

L’épargne est malmenée par l’inflation et la faiblesse du dinar, aujourd’hui le seul moyen de faire fructifier un capital est de placer ses liquidités sur un compte épargne souscrit auprès d’une banque. La diversification dans les placements reste très limitée.Les algériens se trouvent donc confrontés à un dilemme : investir leur argent à la banque et potentiellement en perdre en raison de l’inflation, le consommer ou, si la situation le permet, investir dans l’immobilier ou l’économie informelle.

Ce dilemme, auquel les algériens sont confrontés explique l’explosion de la facture des importations et la flambée du marché de l’immobilier malgré les nombreux programmes de construction de logements lancés par le gouvernement. Les algériens estiment la rémunération des dépôts à terme trop faible et l’épargne dans le système bancaire pas assez attrayante. L’argument principal consiste à mettre cette rémunération en relief avec le taux d’inflation actuel, ce qui a pour effet de la rendre en effet bien faible, voire négative.

Dans la perspective du développement du marché financier algérien et étant donné son faible niveau actuel, la mobilisation par les banques et établissements financiers des ressources d’épargne intérieure reste une question primordiale. La faiblesse des levées de fonds de la dernière tentative d’introduction en bourse et celle de l’emprunt national en sont d’ailleurs des exemples illustratifs.

Dans le cadre du plan de modernisation du secteur bancaire algérien, la mise place un environnement favorable au développement de la finance islamique et du Takaful doit permettre de rendre plus efficient le système bancaire algérien et d’offrir une autre alternative au financement.

L’Algérie a été un pays précurseur en matière de finance islamique en étant en 1991 le pays organisateur de la 1ère conférence d’harmonisation de l’AAOIFI . Le recours à la Finance Islamique va permettre à l’Algérie de diversifier et de financer son développement économique. A titre d’exemple, on peut citer les banques Al Baraka et Al Salam Bank dont plus de 25 % de leurs portefeuilles est dédié au financement de l’appareil productif. La finance islamique peut permettre de capter les quelques 3700 milliards de Dinars qui se trouvent hors circuit bancaire. Le sujet de la lutte contre l’économie informelle est sujet qui a été pris très au sérieux par le ministère du Commerce qui a lancé une étude avec l’appui du Programme des Nations- Unies pour le développement (PNUD) en partenariat avec le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD).

Le but de cette étude est de déterminer les différentes dimensions de l’économie informelle et son impact sur l’économie nationale dans le but de concevoir une stratégie permettant endiguer ce phénomène. En effet, selon le président de l’association des banques algériennes une partie de la population boude le système bancaire conventionnel car le principe d’usure va à l’encontre des convictions religieuses de la population. La finance islamique a le pouvoir de lever les réticences des algériens vis à vis du système bancaire en général et des banques en particulier.

Les émissions de sukuk souverains peuvent être une solution de financement des projets étatiques grâce à la mobilisation de l’épargne de la population au travers des produits de capitalisation des assurances de personnes qui pourraient être distribués via la bancassurance.

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L’assurance takaful en Algérie : état des lieux

D’après le Conseil national des assurances (CNA), le chiffre d’affaires du marché direct du secteur des assurances était de 118,9 milliards de dinars (995 millions d’euros) au 31 décembre 2014, en progression de 7,4 % par rapport à 2013.

Le chiffre d’affaires réalisé par les assurances dommages (assurances de biens et de responsabilités) est estimé à 110,5 milliards de dinars (928 millions d’euros) et représente une part de marché de 93 %. Le montant des primes d’assurance/habitant s’élève à l’équivalent de 40 dollars contre une moyenne mondiale de 662 dollars.

L’assurance en Algérie est un secteur peu développé mais à fort potentiel de croissance. L’ordonnance du 25 janvier 1995 a mis fin au monopole de l’État et a permis la création de sociétés privées. Malgré cela, le secteur est encore largement dominé par les compagnies publiques. Les assurances de personnes (épargne, santé, prévoyance) sont en phase de démarrage avec 9 % du marché, dans les pays où l’assurance est bien développée elles représentent généralement plus de 75 %.

Un seul opérateur takaful

L’assurance takaful n’existe qu’à travers Salama Assurances créée en 2000 et ce en dépit de l’inexistence d’une réglementation spécifique. Elle est une filiale d’un groupe international d’assurance et de réassurance spécialisé dans le takaful, Salama lslamic Arab Insurance Company (IAIC).

Salama Assurances dispose de plus de 200 points de vente et 6 directions régionales. Salama Assurances a su grandir et évoluer sur le marché algérien, avec en 2013 un taux de croissance de 24 %, sa part de marché qui était de 2,5 % il y a cinq ans ; elle est aujourd’hui de 4,5 % avec 500 000 clients et plus de 4 milliards de dinars (33 millions d’euros) de chiffre d’affaires. Salama a réussi à se hisser au rang de la 4e compagnie privée d’Algérie.

Les freins au développement du takaful

Le peu d’assurances obligatoires, le manque de culture assurantielle et de communication sont de véritables freins au développement de l’assurance takaful en Algérie.

Par ailleurs, les assurances épargne et prévoyance ont du mal à se développer en raison d’un marché financier limité alors qu’elles doivent contribuer au financement de l’économie du pays. Il est important de rappeler que le cadre réglementaire impose depuis juin 2011 aux compagnies qui souhaitent commercialiser des assurances de personnes de disposer de filiales spécialisées.

Un avenir prometteur

Malgré ces freins, l’avenir semble prometteur. Le développement d’Internet va profiter au secteur des assurances en général et au takaful en particulier. Avec la possibilité de réaliser des devis en ligne, de déclarer des sinistres et de gérer les contrats souscrits, le secteur de l’assurance va se démocratiser et s’étendre à l’ensemble du pays (aujourd’hui plus de 50 % du marché est concentré dans la wilaya d’Alger).

Le changement des habitudes de consommation et la prise de conscience des consommateurs vers des produits plus conformes à leur éthique et valeurs religieuses ainsi que la hausse du niveau de vie vont contribuer à dynamiser l’activité.

D’autre part, l’assurance takaful famille (assurance de personnes) va permettre d’apporter des solutions répondant aux nouveaux enjeux socio-économiques par le développement de complémentaires santé et de garanties des accidents de la vie.

Certes, les assurances catastrophes naturelles et risques automobiles ont été rendues obligatoires. Cependant, si l’on veut assister à un véritable essor de l’assurance en Algérie qui permette d’assurer le développement et le financement de l’économie, il est nécessaire de légiférer afin de rendre d’autres branches d’assurances obligatoires et de donner un cadre juridique spécifique à l’assurance takaful comme ont su le faire la Tunisie et le Maroc.

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Lire notre article sur l’Islamic Banking en Algérie

L’islamic banking en Algérie : état des lieux

D’après l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (ABEF), le secteur bancaire algérien compte 20 banques, 5 sociétés de leasing et 4 établissements financiers. En total de bilans cumulés, ces établissements représentent 10 059 milliards de dinars (83 milliards d’euros) et emploient près de 40 000 personnes. Le secteur public domine largement le secteur avec 90 % du marché.

Les banques islamiques et autres institutions privées se partageant les 10 % restants. On distingue, selon l’importance de leur activité financière, les banques dont l’activité est exclusivement islamique et celles qui exercent une activité conventionnelle et qui disposent de fenêtres islamiques.

Les banques islamiques

L’activité financière islamique est aujourd’hui une composante majeure de l’industrie bancaire algérienne. L’arrivée de la première banque islamique d’Algérie, Al Baraka, coïncide avec le vote de la loi sur la monnaie et le crédit du 14 avril 1990 mettant fin au monopole d’État. Son arrivée sur le marché fut le résultat d’un rapprochement entre la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) et le groupe Al Baraka en la personne de son président, le cheikh Salah Abdallah Kamel.

Après plus de vingt années de présence sur le sol algérien, Al Baraka détient 2 % du marché global et près de 15 % du marché bancaire privé, c’est la première banque islamique du pays. Les statuts de la banque prévoient de contribuer à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Dans cette optique de solidarité, la banque a signé une convention en 2006 avec le ministère des Affaires religieuses afin de gérer, bénévolement, un dispositif permettant de distribuer des prêts non rémunérés finançant la création de micro-entreprises par des promoteurs démunis. À la fin de 2011, le nombre des microprojets financés par ce dispositif dépassait les 4 000, selon Nasser Hideur, secrétaire général de la banque, pour un montant cumulé de 762,2 millions de dinars (6,4 millions d’euros).

Agréée en 2008, Al Salam Bank Algeria, deuxième banque islamique du pays, est le fruit d’une coopération émiratie et algérienne. Les services offerts s’adressent aux entreprises ainsi qu’aux particuliers avec la mise à disposition d’offres de financements et d’épargne et de tous les services qu’une banque peut offrir à ses clients.

Les fenêtres islamiques

L’Algeria Gulf Bank (AGB) a été créée le 15 décembre 2003, par l’apport de trois banques (Burgan Bank, Jordan kuweit Bank et Tunis International Bank), leaders sur leurs marchés, appartenant au groupe Kuwait Project Company (KIPCO). La banque propose des solutions de financements conventionnels et islamiques, en 2013, 22 % des crédits octroyés étaient conformes à l’éthique musulmane.

La Trust Bank Algeria a lancé une islamic window et propose à ses clients une solution de financement murabaha ainsi qu’un compte d’épargne participatif permettant à la banque de partager ses gains avec ses clients.

Une offre qui devrait s’étendre rapidement aux banques conventionnelles

Malgré l’absence d’un cadre légal et réglementaire spécifique, les institutions financières algériennes proposant des solutions financières islamiques ont su apporter la preuve de la viabilité de ce modèle ainsi que son utilité.

En effet, les banques islamiques permettent d’accroître le taux de bancarisation de la population et contribuent au financement de l’économie. La demande pour ces solutions est tellement forte qu’elle pousse de grands acteurs conventionnels à les proposer, l’Agence Ecofin rapportait que la filiale algérienne du groupe bancaire français BNP Paribas a pour ambition de lancer dans un futur proche des produits financiers islamiques afin de satisfaire les besoins de sa clientèle.

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Lire notre article sur l’assurance takaful en Algérie

Opération séduction pour la finance islamique

L’économie mondiale halal est en plein essor, sur de multiples secteurs tels que l’alimentation, la mode, les médias, le tourisme, les cosmétiques, la médecine ou encore les services financiers. La finance islamique, qui en est l’expression majeure, connaît un essor exponentiel de ses actifs. Ils n’étaient que de 150 millions de dollars en 1995 et sont aujourd’hui passés à plus de 2000 milliards de dollars. A elles deux, elles devraient atteindre 6500 milliards de dollars à l’horizon 2020.

Le concept d’économie islamique est né vers la fin des années 40 pour promouvoir un ordre économique conforme aux textes et traditions de l’Islam, ouvrant une autre voie qui ne soit ni capitaliste ni socialiste. D’abord théorique, cette vision d’une nouvelle économie trouve une application pratique dans les années 1970 avec le développement d’un système bancaire jetant les bases d’une « finance islamique ».

En 1975, l’OCI (organisation de la conférence islamique) crée la Banque Islamique du Développement (BID), ouvrant la voie à de multiples initiatives publiques et privées dans les pays musulmans, notamment à Dubai, au Koweit, en Malaisie, au Soudan, en Iran, au Pakistan. En 1992, l’AAOIFI (Accounting and AuditingOrganization for Islamic Financial Institutions) est créée à Alger, puis déplacée à Bahrein. Cette institution a joué un rôle important dans l’expansion de la finance islamique en mettant en place des normes communes.

La finance islamique représente aujourd’hui moins de 2% du secteur financier mondial, avec plus de 2000 milliards d’euros d’actifs. Mais sa réserve de croissance est considérable : seuls 40 millions des 1.6 milliards de musulmans en sont aujourd’hui clients. Le Fonds monétaire international (FMI) y a consacré un rapport, qui estime que les actifs des institutions financières islamiques ont été multipliés par 9 entre 2003 et 2013.

La conformité à l’Islam

« La mission principale de l’économie et de la finance islamiques ne peut pas être différente de celle de l’Islam lui-même », souligne le Dr Umer Chapra conseiller principal à l’Institut de Recherche et de Formation Islamique (IRTI) de la Banque Islamique de Développement (BID) à Djeddah. Ainsi, tous les secteurs de la société, politique et économique, sont tenus d’assurer la justice et le bien-être réel de toutes les femmes et tous les hommes vivant sur terre. Compartiment de la finance éthique, la finance islamique recouvre l’ensemble des transactions et produits financiers conformes à la loi musulmane.

Comme le Coran, elle repose sur 5 piliers propres : l’interdiction de l’intérêt, la prohibition de la réalisation d’investissements aléatoires et incertains, la spéculation hasardeuse, l’obligation de partager les pertes et profits et l’obligation d’investir exclusivement dans l’économie réelle et tangible. A ces règles, s’ajoute l’exclusion de certains secteurs d’investissement jugés nocifs à la vie humaine : comme celui du tabac, de l’alcool, de la pornographie, de l’armement et des jeux d’argent.

Au printemps dernier, le Fonds monétaire international (FMI)   rapport intitulé « Finance Islamique  : « Opportunités, défis et options stratégiques ». Il indique que bien que des normes spécifiques aient été élaborées par des organismes de normalisation spécialisés, les cadres réglementaires et de surveillance dans de nombreuses juridictions ne répondaient pas encore aux risques de l’industrie. Dans ce contexte, le FMI a suggéré aux institutions financières islamiques d’harmoniser leurs pratiques au vu des divergences existantes entre les écoles juridiques musulmanes dans l’interprétation des sources du droit musulman. Cette question donne lieu à débat. Ces divergences d’interprétation dans les textes sont minoritaires car, dans l’ensemble, les solutions adoptées par l’industrie sont consensuelles.

Une uniformisation totale pourrait freiner l’innovation dans l’industrie ce qui contribuerait à rendre le secteur moins dynamique. Le rapport du FMI reconnaît cependant que la finance islamique peut promouvoir la stabilité sur le plan macro-économique, et cela, en raison du fait qu’elle interdit la spéculation et remplace le système du crédit à intérêts (ribâ) par une logique d’échange (ijara, istisna, salam) ou de partage des risques (musharaka, mudaraba) et qu’elle est en mesure de les combiner afin d’assurer le financement de l’économie (sukuk, takaful).

Un fort développement en Afrique

Lorsque l’on constate le dynamisme de l’industrie, notamment en Afrique, on comprend mieux pour quelles raisons le FMI s’y intéresse… La finance islamique apporte des sources de financement alternatives qui pourraient remettre en cause l’hégémonie du Fonds monétaire international. En effet, les pays africains sont lourdement endettés et les solutions offertes par la finance islamique peuvent contribuer à leur développement et d’enrayer la spirale infernale de la dette et des intérêts.

C’est pour cela que, d’après l’agence Reuters, la Côte d’Ivoire et le Nigeria ont lancé des négociations avec la Société islamique de développement du secteur privé (SID) qui est une filiale de la Banque islamique de développement (BID) dans le but de favoriser l’émission de sukuks. La Tunisie a elle aussi annoncé son intention d’émission d’un sukuk de 264 millions de dollars (245 millions d’euros) au troisième trimestre 2015.

Quant à l’Egypte elle souhaite en faire autant dans un futur assez proche. La SID a également annoncé que le Niger souhaite lui aussi émettre des sukuks pour une valeur de 150 milliards de francs CFA (près de 230 millions d’euros). Le Sénégal a mobilisé, en 2014, 100 milliards de CFA et a été primé meilleur projet africain 2015 pour la finance islamique. Le pays souhaite renouveler l’expérience pour financer le Plan Sénégal Émergent qui prévoit des projets stratégiques comme la ligne de train express régional entre Dakar et le nouvel aéroport de Diass.

D’après M. Thursby, directeur général du groupe de la National Bank of Abu Dhabi, première banque mondiale en matière de gestion des émissions de sukuk, le marché international de sukuk va devenir une source de plus en plus courante pour le financement des économies islamiques et non-islamiques. Il estime que l’industrie de la finance islamique devrait doubler au cours des cinq prochaines années.

Le Maroc est entré dans cette course à la finance islamique. Un dahir royal a été publié le 16 février dernier en vue de compléter la loi sur les banques participatives. Le texte porte sur la création d’un Shariah Board central, commission composée de neuf jurisconsultes placés sous la tutelle directe du Conseil supérieur des oulémas, qui sera chargé de superviser et de contrôler la conformité des opérations des banques participatives aux règles de la finance islamique.

Dans les faits, les banques islamiques du Golfe se présentent aux portes du Royaume chérifien afin d’y implanter leurs filiales. Par ailleurs, des banques marocaines telles que la Banque Centrale Populaire (BCP), Attijariwafa ou encore la Banque Marocaine de Commerce Extérieur (BMCE), ont déjà annoncé la création de filiales islamiques.

En Asie et en Europe aussi

En Asie, Hong Kong cherche à se positionner comme une place financière de premier choix pour la finance islamique et à capitaliser sur la croissance des liens commerciaux entre la Chine et le Moyen-Orient. Les États asiatiques, comme les États africains, cherchent à attirer les investisseurs musulmans extérieurs. Il existe en effet de nombreux investisseurs du Moyen-Orient à la recherche de diversification et de nouvelles opportunités d’investissement qui avaient plutôt tendance jusqu’à présent à investir en Europe ou aux États-Unis.

En Europe continentale, la première banque islamique vient de voir le jour : la banque islamique turque Kuveyt Türk Bank a obtenu l’autorisation d’opérer de l’autorité de régulation bancaire allemande (Bafin). La banque projette d’ouvrir des agences dans les trois villes allemandes ayant une forte population turque (Berlin, Francfort et Cologne). L’Allemagne compte plus de 4 millions de musulmans et le marché allemand est évalué par les analystes à plus d’un milliard d’euros.

En Grande-Bretagne, une consultation publique lancée en avril dernier a révélé une demande réelle pour des financements « Shariah -compatibles » destinés aux étudiants de l’enseignement supérieur. Le gouvernement britannique a décidé de conduire une étude de faisabilité et il est possible qu’un financement alternatif fidèle au droit musulman puisse voir le jour en 2016.

Pour le premier ministre du Luxembourg, M. Xavier Bettel, il est nécessaire d’explorer l’avenir de la finance et de l’économie islamique et la place luxembourgeoise a été la première à coter un sak en Europe dès 2002.

La France pourrait être le second marché mondial du takaful

Un marché prometteur en France Avec une fourchette comprise entre 2,1 et 5 millions de musulmans, dont deux millions seraient de nationalité française, la France compte plus de musulmans que le Liban, le Koweït, le Qatar, Bahreïn, les Émirats arabes unis, la Palestine, les Îles Comores ou même Djibouti. La France est le premier pays européen par l’importance de sa communauté musulmane et le demeurera puisque d’après le PewResearch Center ils représenteront 10 % de la population à horizon 2030.

Non contente de disposer d’une cible confessionnelle conséquente, la France serait le pays européen où les musulmans sont les mieux pourvus en comptes bancaires. Avec 41 % de Français musulmans « pratiquants», selon l’institut de sondage Ifop, la cible de clientèle susceptible d’être intéressée par la finance islamique représenterait plus de deux millions de clients potentiels. De quoi s’intéresser à ce marché encore balbutiant ! Un acteur en mesure d’offrir des produits conformes et performants aurait ainsi de belles perspectives de développement.

L’adoption en juillet 2010, à l’initiative de Christine Lagarde, d’instructions fiscales destinées à ne pas pénaliser les opérations de finance islamique par rapport aux opérations conventionnelles, a permis en outre d’accélérer le développement d’un marché qui ne semble attendre que cela. A ces conditions particulièrement propices à l’essor de la finance islamique, on peut ajouter le fait que le droit des assurances prévoit des statuts parfaitement compatibles avec les principes du takaful sans qu’il soit nécessaire de légiférer au d’amender.

La France est, d’après la revue SIGMA, le cinquième marché mondial de l’assurance avec un taux de pénétration de presque 10 %. Le rapport annuel 2014 de la FFSA (Fédération française des sociétés d’assurances) fait état de 200 milliards d’euros de cotisations tous marchés confondus en France.

Avec 94 % de personnes prêtes à souscrire si des acteurs sont en mesure d’offrir des produits compétitifs, le takaful pourrait peser 1 200 millions d’euros de cotisations en assurance-automobile, 600 millions d’euros en assurance-habitation et 1 700 millions d’euros en assurance-vie, soit 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur ces trois branches. En ne captant que 1,75 % du marché français de l’assurance, la France pourrait devenir ainsi le second marché mondial du takaful qui représentait d’après Ernst and Young un montant total de 11 milliards d’euros en 2014.

Cette prise de leadership sur le marché du takaful peut permettre de se différencier des places londonienne et luxembourgeoise qui ont fait le choix d’émettre des sukuk souverains afin d’attirer les investisseurs moyen-orientaux. C’est probablement pour toutes ces raisons que la Banque centrale européenne a estimé dans un rapport paru en juin 2013 que la finance islamique semblait avoir un bon potentiel à développer en France.

Malgré tout, du côté de l’offre, les produits proposés sont limités : une seule banque aujourd’hui réalise des opérations de financement Charia-compatible. La Banque Chaabi, filiale française de la banque marocaine, propose une solution de financement immobilier Murabaha et une convention de compte de dépôt. Concernant l’assurance, il n’y a pas de solutions takaful-dommages (assurances de biens et de responsabilités). Seules existent des solutions takaful-famille (assurances de personnes).

Des sukuk souverains pour booster le marché

L’administration fiscale a publié une instruction, le 23 juillet 2010, décrivant les principales caractéristiques des sukuks  et les conditions permettant de bénéficier d’un régime fiscal neutre par rapport aux obligations conventionnelles. Selon l’Agence France Trésor, les besoins de financement de la France en 2015 s’élèvent à 192,3 milliards d’euros, couverts pour l’essentiel par 187 milliards d’emprunts et complétés par des ressources annexes.

Peut-on envisager que la France puisse un jour en faire autant que le Royaume-Uni ou le Luxembourg en émettant un sukuk souverain ? Sans doute pas tant que le taux moyen des emprunts à moyen et long terme s’établira à en dessous des 1 % (0,46 % en avril 2015), un plus bas taux historique et que l’État français arrivera à trouver des investisseurs pour financer son déficit. Cependant lorsque l’on observe l’évolution de la dette française et ce, qu’elle représente par rapport au PIB (93,5 %), on peut légitimement penser que cela ne durera pas éternellement. Il pourrait être judicieux d’anticiper le jour où les sources de financement viendront à se tarir à l’instar de nos voisins britanniques et luxembourgeois.

Un bel avenir en Algérie

D’après l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers, le secteur bancaire algérien en 2012 comptait 20 banques, 5 sociétés de leasing et 4 établissements financiers. En total de bilans cumulés, ces établissements représentent 10 059 Mds DZD (83 Mds €) et emploient près de 40 000 personnes. Inutile de préciser que le secteur public domine largement le secteur avec 90 % du marché. Les banques islamiques et autres institutions privées se partageant les 10 % restants. On distingue selon l’importance de leur activité financière, les banques dont l’activité est exclusivement islamique et celles qui exercent une activité conventionnelle et qui disposent de « fenêtres » islamiques.

BANQUES D’un côté, les banques islamiques…

L’arrivée de la première banque islamique d’Algérie, Al Baraka, coïncide avec le vote de la loi sur la monnaie et le crédit du 14 avril 1990 mettant fin au monopole d’État. Son arrivée sur le marché fut le résultat d’un rapprochement entre la Banque de l’Agriculture et du Développement Rural (BADR) et le groupe Al Baraka en la personne de son président, le Cheikh Salah Abdallah Kamel. Forte d’une présence de plus de vingt ans sur le sol algérien, Al Baraka détient aujourd’hui 2 % du marché global et près de 15 % du marché bancaire privé. C’est la première banque islamique du pays. Les statuts de la banque prévoient de contribuer à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Dans cette optique de solidarité, la banque a signé une convention en 2006 avec le ministère des Affaires religieuses afin de gérer, bénévolement, un dispositif permettant de distribuer des prêts non rémunérés finançant la création de micro-entreprises par des promoteurs démunis.

À la fin 2011, le nombre des micro-projets financés par ce dispositif dépassait les 4 000 selon Nasser Hideur Secrétaire général de la banque pour un montant cumulé de 762,2 millions de DA. Agréée en 2008, Al Salam Bank Algeria, deuxième banque islamique du pays, est le fruit d’une coopération émiratie et algérienne. Les services offerts s’adressent aux entreprises ainsi qu’aux particuliers avec la mise à disposition d’offres de financements et d’épargne et de tous les services qu’une banque peut offrir à ses clients.

…De l’autre,  des fenêtres islamiques

L’Algeria Gulf Bank (AGB) a été créée le 15 décembre 2003, par l’apport de trois banques (Burganbank, Jordan Kuweitbank et Tunis international bank), leaders sur leurs marchés, appartenant au groupe Kuwait Project Company (KIPCO).

La banque propose des solutions de financements conventionnels et islamiques. En 2013, 22 % des crédits octroyés étaient islamiques. La Trust Bank Algeria a lancé une Islamic window et propose à ses clients une solution de financement murabaha (voir glossaire p. 48) ainsi qu’un compte d’épargne participatif permettant à la banque de partager ses gains avec ses clients. Une offre qui devrait s’étendre rapidement aux banques conventionnelles. Malgré l’absence d’un cadre légal et réglementaire spécifique, les institutions financières algériennes proposant des solutions financières islamiques ont su apporter la preuve de la viabilité de ce modèle ainsi que son utilité.

En effet, les banques islamiques permettent d’accroître le taux de bancarisation de la population et contribuent au financement de l’économie. La demande pour ces solutions est tellement forte qu’elle pousse de grands acteurs conventionnels à les proposer. L’Agence Ecofin rapportait en décembre dernier que la filiale algérienne du groupe bancaire français BNP Paribas, BNP Paribas El Djazaïr lançait son offre islamique, avec l’Ijara et le compte El Badil. « Nous attendons l’accord de la Banque d’Algérie, pour la mise sur le marché », confirmait son directeur général, Pascal Fevre.

ASSURANCES

Un marché des assurances peu développé

D’après le Conseil National des Assurances (CNA), au 31 décembre 2014, le chiffre d’affaires du marché direct du secteur des assurances était de 118,9 Mds DZD, en progression de 7,4% par rapport à 2013. Le chiffre d’affaires réalisé par les assurances dommages (assurances de biens et de responsabilités) est estimé à 110,5 Mds DZD et représente une part de marché de 93%. Le montant des primes d’assurance/habitant s’élève à l’équivalent de 40 M USD contre une moyenne mondiale de 662  M USD.

L’assurance en Algérie est un secteur peu développé mais à fort potentiel de croissance. L’Ordonnance du 25 janvier 1995 a mis fin au monopole de l’État et a permis la création de sociétés privées. Malgré cela, le secteur est encore largement par les compagnies publiques. Les assurances de personnes (épargne, santé, prévoyance) sont en phase de démarrage avec 9 % du marché, dans les pays où l’assurance est bien développée elles représentent généralement plus de 75%.

Un seul opérateur takaful

L’assurance takaful n’existe qu’à travers Salama Assurances créée en 2000 et ce, en dépit de l’inexistence d’une réglementation spécifique. Elle est une filiale d’un groupe international d’assurance et de réassurance spécialisé dans le takaful, SalamalslamicArabInsuranceCompany (IAIC).  Salama Assurance dispose de plus de 200 points de vente et six directions régionales. Salama Assurances a su grandir et évoluer sur le marché algérien, avec en 2013 un taux de croissance de 24 %, sa part de part de marché qui était de 2,5 % il y a cinq ans,  est aujourd’hui de 4,5 % avec 500 000 clients et plus de quatre milliards de dinars de chiffre d’affaires. Salama a réussi à se hisser au rang de la 4e compagnie privée d’Algérie.

Les freins au développement du takaful

Le peu d’assurances obligatoires, le manque de culture assurantielle et de communication sont de véritables freins au développement de l’assurance takaful en Algérie. Par ailleurs, les assurances épargne et prévoyance ont du mal à se développer en raison d’un marché financier limité alors qu’elles doivent contribuer au financement de l’économie du pays. Par ailleurs, il est important de rappeler que le cadre règlementaire impose, depuis juin 2011, aux compagnies qui souhaitent commercialiser des assurances de personnes, de disposer de filiales spécialisées.

Une activité appelée à se dynamiser

Malgré ces freins, l’avenir semble prometteur. Le développement d’internet va profiter au secteur des assurances en général et au takaful en particulier, avec la possibilité de réaliser des devis en ligne, déclarer des sinistres et gérer les contrats souscrits, le secteur de l’assurance va se démocratiser et s’étendre à l’ensemble du pays (aujourd’hui plus de 50 % du marché sont concentrés dans la wilaya d’Alger). Pour les promoteurs de l’assurance takaful, le changement des habitudes de consommation et la prise de conscience des consommateurs vers des produits plus conformes à leur éthique et valeurs religieuses ainsi que la hausse du niveau de vie, vont contribuer à dynamiser l’activité.

D’autre part, l’assurance takaful-famille (assurance de personnes) va permettre d’apporter des solutions répondant aux nouveaux enjeux sociaux-économiques par le développement de complémentaires santé et de garanties des accidents de la vie. Certes, les assurances-catastrophes naturelles et risques automobiles ont été rendues obligatoires ; cependant, si l’on veut assister à un véritable essor de l’assurance en Algérie qui permette d’assurer le développement et le financement de l’économie, il est nécessaire de légiférer afin de rendre d’autres branches d’assurances obligatoires.

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