Quel bilan et quelles perspectives pour l’assurance Takaful en Europe ?

Dans plusieurs pays d’Europe, l’assurance Takaful, un segment de la finance islamique qui répond à un certain nombre de critères éthiques, suscite un intérêt croissant. Les perspectives s’annoncent prometteuses pour 2018, avec une offre de produits qui s’élargit pour s’adresser à une clientèle non seulement musulmane mais aussi non-musulmane.

La finance islamique est un compartiment de la finance éthique. Elle recouvre l’ensemble des transactions et produits financiers conformes à l’éthique musulmane, qui repose sur cinq piliers : interdiction de l’intérêt, réalisation d’investissements aléatoires et incertains, spéculation hasardeuse, obligation de partager les pertes et profits et investissement exclusif dans l’économie réelle et tangible. A ces règles, s’ajoute l’exclusion de certains secteurs d’investissement nocifs à la vie humaine tels que par exemple le tabac, l’alcool, la pornographie et les jeux d’argent. L’assurance Takaful est l’équivalent islamique de l’assurance conventionnelle, offrant à la fois des produits d’assurance-vie (appelés « famille ») et d’assurance dommages.

Un contexte démographique et culturel favorable

En Europe, les musulmans représentent plus de 16 millions d’habitants avec un taux d’équipement bancaire et assurantiel à être parmi les plus élevés du monde. Ils sont donc dans le monde parmi ceux qui disposent du plus grand nombre de services bancaires et de couvertures d’assurances en comparaison aux musulmans d’autres pays où les services bancaires et assurantiels sont nettement moins développés. Ce taux de pénétration de l’assurance élevé peut contribuer à l’essor de l’assurance Takaful en Europe. En outre, il existe de nombreuses formes de sociétés d’assurance prévues par les juridictions européennes qui permettent de pratiquer l’assurance Takaful en restant fidèle aux principes mutualistes et philanthropiques.

Les négociations officielles sur le Brexit entre Londres et l’Union européenne ont débuté le 19 juin 2017 à Bruxelles. Comme prévu par les traités, les négociations doivent être achevées en mars 2019. Les conséquences politiques du Brexit pour l’Union européenne tout comme les conséquences économiques pour le Royaume-Uni sont imprévisibles. A ce jour, la sortie de l’Union européenne n’a pas encore eu lieu et malgré la chute de la livre sterling dans les mois qui ont suivi le référendum de juin 2016, il est encore difficile de mesurer les effets du Brexit sur l’économie britannique, et une grande incertitude demeure. Malgré cela, et en ce qui concerne l’assurance Takaful, la place de Londres n’est pas en reste, bien au contraire.

La place de Londres s’est dotée d’une institution de lobbying

Récemment, l’assureur américain AIG, en collaboration avec le courtier londonien Cobalt Underwriting, a présenté sa première police d’assurance Takaful pour la zone MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Cette couverture protège les investisseurs réalisant des fusions et acquisitions dans cette zone et les couvre contre tout risque de dépréciation d’actifs lié à leur mauvaise évaluation. La place de Londres s’est également dotée d’une institution de lobbying : l’association d’assurance islamique de Londres (IIAL) dont l’objectif principal est la promotion du marché londonien de l’assurance Takaful. L’IIAL a été créée pour disposer d’un organe représentatif pour soutenir le travail des acteurs du marché de l’assurance et de la réassurance Takaful au Royaume-Uni.

D’autre part, le développement de la place doit se poursuivre avec une nouvelle capacité Retakaful offerte par Lloyd’s Dubaï. La création de cette plateforme offre potentiellement une capacité Retakaful pour les risques commerciaux et permet à Londres d’augmenter son aura au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est.

En Europe continentale, des offre commencent à se structurer en Allemagne, en Espagne et en France, répondant aux besoins et à la demande des différentes populations musulmanes de ces pays.

Dès 2004, l’Allemagne a été le premier pays occidental à avoir recours aux marchés financiers islamiques. Disposant de la plus grande économie d’Europe et comptant une population musulmane importante, l’Allemagne possède de nombreux atouts pour assurer la croissance de son secteur financier islamique. En 2017, la première banque islamique d’Europe continentale KT Bank a ouvert une nouvelle succursale à Cologne, et INAIA Finance a lancé une nouvelle solution Takaful famille en partenariat avec l’assureur FWU.

En Espagne, Mussap a signé un accord avec Coophalal, principale coopérative espagnole de services financiers islamiques. Grâce à cet accord, l’entité offre différents produits Takaful assurés par Mussap et Previsora.

En France, la distribution passe par un réseau de courtiers

En France, en raison d’une population nombreuse et disposant d’un pouvoir d’achat important, le marché de la finance islamique et de l’assurance Takaful est une niche à fort potentiel de croissance : afin de trouver des relais de croissance et de conquérir de nouvelles parts de marché, les opérateurs sont intéressés pour développer ces nouveaux segments mais en raison des risques d’islamophobie craignent un risque pour leur image. C’est une des raisons pour laquelle le modèle de distribution français de l’assurance Takaful repose sur des réseaux de courtiers permettant le transfert du risque de réputation des porteurs de risques vers les distributeurs.

En 2017, les réseaux de courtiers ont poursuivi leur croissance avec l’ouverture de nouvelles agences pour Noorassur et l’émergence de nouveaux courtiers indépendants tels que Coveris Assurance, Dine Assur, Ethical Capital, MKSS, NCC, Courtifi et Keen Finance. Rappelons que d’après Les Echos Etudes, le chiffre d’affaires potentiel de l’assurance Takaful en France est estimé à 3,5 milliards d’euros, soit 1,70% du marché de l’assurance.

Un développement qui doit se poursuivre en 2018

Avec de fortes demandes intérieures, un pouvoir d’achat important et des taux de pénétration élevés, le marché européen de l’assurance Takaful va continuer à se consolider. Londres conservera une longueur d’avance tant que les autres places financières européennes – restées au point mort en la matière – ne réagiront pas.

Dès avril 2018, en réponse à l’invitation du Centre d’Etudes et de Recherches en Economie et Finances Islamiques (CEIEFI), des chercheurs et des professionnels se réuniront à Barcelone pour la deuxième édition du Forum de Finance Islamique consacré à l’assurance Takaful. Ce forum sera l’occasion pour les opérateurs européens de se rencontrer, d’échanger sur les bonnes pratiques développées sur leurs marchés respectifs, et de renforcer les liens existants.

L’industrie Takaful ne devrait pas avoir trop de difficultés à se développer en Europe, car les forces du marché européen sont certaines avec une cible importante, des compétences pointues avec une expertise de haut niveau et de nombreux acteurs petits et moyens malgré un manque d’investissement et de communication. L’adoption de la digitalisation est un facteur qui doit permettre à l’assurance Takaful de réaliser tout son potentiel. En raison de sa capacité à transformer et à renforcer l’innovation produit, la transparence, le service, la vente croisée, l’engagement et l’expérience client, la digitalisation a la capacité de modifier les modèles existants.

Opter pour une stratégie de différenciation

La stratégie de satisfaction des besoins des clients nécessite une adaptation à leurs besoins et à l’évolution des leurs attentes. Une stratégie défensive consisterait à copier les produits disponibles offerts par les acteurs conventionnels du marché. Stratégiquement, il est primordial d’utiliser une approche permettant l’adaptation, l’amélioration et la création de nouveaux produits qui répondent aux besoins et aux valeurs socioculturelles des individus. Il est donc essentiel d’opter pour une stratégie de différenciation, basée sur la conformité mais aussi sur l’incarnation des valeurs alternatives proposées. Par conséquent, l’assurance Takaful doit également être disponible pour les non-musulmans. Il y a plus de non-musulmans que de musulmans en Europe et beaucoup d’entre eux pourraient apprécier la nature éthique, transparente et équitable de cette nouvelle forme d’assurance.

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Conférence : la finance islamique, une alternative à la finance classique ? – Pôle Juridique et Judiciaire Bordeaux

Conférence finance islamique pôle juridique et judiciaire de Bordeaux

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KT Bank, première banque islamique d’Europe continentale, s’installe à Cologne

KT Bank AG, première et unique banque islamique d’Allemagne et de la zone euro, vient d’ouvrir sa quatrième agence à Cologne après Francfort, Berlin et Mannheim.

L’agence est stratégiquement placée dans le complexe de la mosquée centrale de l’Union des affaires culturelles turco-islamiques (DITIB), et marque une nouvelle étape dans le développement des affaires de la banque. L’ouverture de l’agence a coïncidé avec la « Journée portes ouvertes des mosquées », qui a vu la participation d’un millier de lieux de culte musulmans à travers l’Allemagne mardi 3 octobre. C’est aussi ce même jour qu’a été inaugurée la galerie commerciale de la mosquée centrale à Cologne, inauguration ayant été présidée par le maire de la ville, Henriette Reker.

La galerie commerciale du complexe est un lieu de rencontre pour les visiteurs de la mosquée et les habitants de Cologne. Des boutiques de vêtements, des restaurants halal en passant par les produits bancaires islamiques de la KT Bank, on y trouve toutes sortes de biens et de produits conformes à l’éthique de l’islam.

La Rhénanie du Nord-Westphalie, une région à fort potentiel

« Le potentiel de la banque islamique en Rhénanie du Nord-Westphalie est important, compte tenu de la forte concentration de la communauté turco-musulmane dans ce Land », a déclaré le président du conseil d’administration de KT Bank, Ahmet Kudsi Arslan.

Avec un 1,5 million de musulmans, la Rhénanie du Nord-Westphalie dispose en effet de la plus forte communauté musulmane d’Allemagne. Les quelques 950 000 personnes d’origine turque constituent le groupe d’immigrés le plus important du Land le plus peuplé et le plus riche d’Allemagne. De plus, la majeure partie des associations d’entrepreneurs turcs et germano-turcs, des sociétés gérées par des musulmans et des organisations caritatives se trouvent à Cologne.

L’affluence des visiteurs à la « Journée portes ouvertes des mosquées » a été importante, avec plus de 6 000 invités de toutes confessions et origines qui ont afflué vers le complexe de la mosquée centrale de Cologne dont une bonne partie a pu se familiariser avec les services offerts par la banque islamique KT.

« Dans l’agence de Cologne, la banque offre des produits et des services bancaires certifiés pour les particuliers, les entreprises et les institutionnels. Nous offrons des comptes courants gratuits sans découvert, des opportunités d’investissement rentables basées sur le principe de la participation aux bénéfices, du financement immobilier, des prêts à tempérament, des prêts d’investissement pour les d’entreprise et voulons être une banque locale éthique ouverte à tous sans distinction », a fait savoir Ahmet Kudsi Arslan.

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Brexit : Sukuk souverain en 2019, la finance islamique comme plan B

En 2014, la Grande-Bretagne avait émis un sukuk d’une maturité de 5 ans de 200 millions de livres sterling sursouscrit plus de 10 fois. Un porte-parole du Trésor a récemment déclaré à l’agence Reuters que le gouvernement britannique envisageait de relancer dès son échéance en 2019 une nouvelle émission souveraine de sukuk d’un montant d’un milliard de livres sterling.

« Le Royaume-Uni est le principal centre occidental pour la finance islamique et le gouvernement s’est engagé à assurer le succès de ce secteur« , a déclaré le porte-parole du Trésor.

Le Brexit accélérateur de la finance islamique

En rendant plus difficile son accès au marché de l’Union, le Brexit menace la domination de Londres sur les autres centres financiers européens. Une étude réalisée par Reuters analysant les conséquences du Brexit a révélée qu’au cours des prochaines années environ 10 000 emplois pourraient être relocalisés à l’étranger, ce qui va indéniablement profiter aux places de Francfort et Paris.

Le développement de la finance islamique apparaît alors pour la City comme un moyen de contrecarrer cet effet en renforçant ses liens avec les deux principaux centres financiers islamiques mondiaux que sont les régions de l’Asie du Sud-Est et du Golfe. Dans ce contexte, le Brexit va donc avoir pour conséquence d’accélérer le développement du secteur financier islamique de la place londonienne, le Royaume-Uni étant désireux de créer des liens économiques avec des pays non membres de l’UE.

Rappelons que la place de Londres est un important centre de cotation de valeurs mobilières islamiques avec 65 sukuk côtés pour une valeur de 48 milliards de dollars. Par ailleurs, dans le cadre de sa stratégie visant à élargir la liquidité du marché, la Banque d’Angleterre a déclaré en avril dernier qu’elle allait mettre à la disposition des banques islamiques de la place un outil de gestion de la liquidité.

Un marché londonien de l’assurance islamique Takaful pas en reste

Entrainée dans le sillage de la finance islamique, l’assurance Takaful a connu une croissance phénoménale et représentait en 2015 d’après ICD Thomson Reuters un marché de 38 milliards de dollars. Selon les données publiées par Moodys, les contributions brutes Takaful ont augmenté à un taux de croissance annuel composé de 33% entre 2005 et 2010, ralentissant à 18% entre 2008 et 2013. Fitch Ratings indique que sur de nombreux marchés, le Takaful continue de se développer plus rapidement que l’assurance conventionnelle.

Récemment, l’assureur américain AIG en collaboration avec le courtier londonien Cobalt Underwriting a présenté sa première police d’assurance Takaful destinée à la zone MENA. Cette police protège les investisseurs réalisant des fusions acquisitions dans la zone MENA de tout risque de dépréciation d’actifs liés à leur mauvaise appréciation.

La place londonienne s’est également dotée d’une institution de lobbying : l’Islamic Insurance Association of London (IIAL) dont les objectifs principaux sont de promouvoir des normes pour les produits Charia compatibles et d’assurer la promotion du marché londonien de l’assurance Takaful.

A ce titre, l’association a récemment fait le déplacement au Bahreïn et à Dubaï pour accroître la collaboration avec ces deux places dans l’élaboration de nouvelles couvertures d’assurances Takaful.

Le développement doit se poursuivre avec une nouvelle capacité de Retakaful offerte par le Lloyd’s Dubaï. La création de cette plate-forme offre potentiellement une capacité Retakaful pour les risques commerciaux.

Avec le renforcement de la règlementation et le développement de l’assurance Takaful à l’échelle mondiale, ce marché va continuer sa consolidation et Londres dispose d’une avance considérable sur les autres places européennes restées au point mort en la matière.

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Finance islamique : l’Algérie dans les starting blocks

La finance islamique au secours du déficit algérien

En dépit de l’introduction de la banque Al Baraka d’Algérie au début des années 1990 et en l’absence d’un cadre juridique et règlementaire, la finance islamique est restée relativement peu développée en Algérie, la guerre civile n’ayant également pas facilité son développement. Seules certaines banques privées disposant de capitaux étrangers, telles que les banques Al Baraka d’Algérie, Algeria Gulf Bank, Al Salam Bank Algeria et Trust Bank Algeria proposent actuellement des produits financiers islamiques.

Dans le but de combler son déficit budgétaire causé par la baisse du prix du baril et la faiblesse des exportations, le gouvernement algérien souhaite dans les prochains mois faire évoluer rapidement ce secteur. Dans un premier temps, et d’ici la fin de l’année, une offre financière conforme à la jurisprudence musulmane sera offerte par deux banques publiques (dont les noms n’ont pas encore été dévoilés), puis par quatre autres en 2018. Le gouvernement algérien prévoit également d’avoir recours à plusieurs émissions souveraines de Sukuk entre 2018 et 2022 dont la première devrait avoir lieu l’année prochaine.

Se financer sur les marchés financiers islamiques et capter les ressources des marchés informels

A ce jour, l’Algérie dispose encore de réserves de changes pour un montant de 103 milliards de dollars et des réserves en or estimées par le chef du gouvernement à 6 milliards de dollars. Mais avec un déficit budgétaire de 12,9 % du PIB en 2016 d’après le Fonds Monétaire International, c’est 18 milliards de dollars qu’il faudrait encore aller chercher sur les marchés financiers, ou dans l’économie informelle qui d’après le gouverneur de la Banque d’Algérie représenterait 20 milliards de dollars en circulation.

L’offre financière islamique proposée par les banques publiques doit permettre de mobiliser les ressources se trouvant en dehors du circuit bancaire alors que les émissions souveraines de Sukuk doivent permettre à l’Algérie de financer son déficit sur les marchés financiers islamiques.

L’adoption d’une politique non conventionnelle par la Banque d’Algérie

En parallèle, la Banque d’Algérie souhaite avoir recours aux techniques de financement non conventionnelles (politique de taux bas et assouplissements quantitatifs) mises en place après la crise de 2008 par la Banque Centrale Européenne et la Réserve Fédérale Américaine. L’injection massive de liquidités créées ex-nihilo permettra certes de payer les salaires des fonctionnaires algériens mais aura pour conséquence immédiate de renforcer l’inflation. Avec la dépréciation du dinar algérien, ce palliatif aura pour effet secondaire d’alourdir la facture des importations qui contribuera à la détérioration de la balance commerciale et donc in fine à l’aggravation du déficit, engendrant un cercle vicieux ne permettant pas de s’en extraire.

Le développement de la finance islamique s’annonce donc de bon augure pour les finances publiques algériennes.

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La qualification juridique des contributions Takaful

Les jurisconsultes reconnaissent à l’unanimité que le Tabarru est un concept noble de la jurisprudence musulmane.

Sa pratique dans l’industrie Takaful soulève cependant une question cruciale car les contributions versées par les participants ne sont pas un don au sens pur, mais plutôt un don conditionnel : chaque participant donne un montant dans l’attente de recevoir en retour un avantage financier futur. En outre, le montant de la donation est ajusté en fonction de la nature du risque à couvrir : plus l’exposition au risque est élevée, plus la contribution est importante. Cela est problématique du point de vue de la Charia car le montant donné en tant que Tabarru est censé être volontaire et non obligatoire.

Les termes de Tabarru, et de Hibah sont en principe interchangeables et partagent un sens commun de « donation ». Lorsqu’une personne réalise un acte de Tabarru ou de Hibah, elle le fait de manière totalement désintéressée, sans rechercher quoi que ce soit en retour en faveur de quelqu’un ou pour son propre accomplissement spirituel. Cela a pour conséquence légale qu’une fois que le donateur a effectué son don, la propriété est immédiatement transférée à perpétuité au donataire.

Alors que dans un fonds Takaful, le participant règle une contribution pour laquelle l’opérateur et le participant conviennent mutuellement qu’elle sera destinée à couvrir le risque garanti. En cas de réalisation du risque, le fonds Takaful versera une indemnité destinée à couvrir le préjudice, et en cas de non réalisation du risque le participant aura le droit, en fonction du résultat technique, à la redistribution d’une part de l’excédent. La contribution versée dans un fonds Takaful ne peut pas être considérée comme Tabarru ou Hibah, puisque le participant attend une garantie en retour.

Étant donné que dans un contrat Takaful, le participant verse essentiellement une contribution dans le but des avantages matériels qu’elle procure et non pas en considération d’avantages spirituels, le Prof. Dr. Md. MA’SUM BILLAH estime que la contribution versée par le participant doit plutôt être considérée comme contribution Musahamah plutôt que comme donation Tabarru.

Avec le don Tabarru, la propriété est transférée en considération d’un avantage spirituel pour le donateur alors qu’avec la contribution Musahamah, le contributeur conserve les avantages matériels et légaux de sa contribution.

La Musahamah est dans un contrat d’assurance une contrepartie monétaire, versée par le participant en vertu de l’obligation contractuelle qui le contraint à verser une contribution en l’échange de la couverture du risque assuré.

La Musahamah n’implique pas nécessairement l’idée de donation, elle ne doit pas forcément être en faveur d’autrui, et peut être réalisée au profit du contributeur lui-même. Dans une Musahamah, le contributeur ne perd pas son droit de bénéficier de sa contribution.

Au travers de cette qualification juridique de la contribution en Musahamah, il n’y a plus d’incompatibilité juridique avec la Charia qui ne s’oppose pas à ce que le contributeur puisse en tirer avantage. Grâce à cette qualification juridique, les participants n’ont plus aucune restriction dans la revendication de toute forme d’avantage mutuel sur le fonds auquel ils auront contribué.

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Sukuk souverain : l’Italie ferme la porte à la finance islamique

À l’heure où ses voisins européens comme le Royaume-Uni et le Luxembourg embrassent chaleureusement le développement de la finance islamique, l’Italie lui ferme la porte.

La troisième plus grande économie de la zone euro, en dépit d’être ébranlée par des problèmes économiques et financiers inquiétants, semble fermer ses portes aux instruments islamiques : d’après Islamic Finance News, le gouvernement a rejeté un projet de proposition de loi pour une émission souveraine de sukuk lequel n’a jamais été présenté au Parlement.

Stefano Padovani, associé du cabinet d’avocats milanais NCTM qui a présenté ce projet de proposition de loi, a ainsi déclaré : « Malheureusement, la proposition n’a jamais été considérée et n’a jamais été soumise au vote du Parlement parce qu’en l’absence de volonté politique le ministère des Finances n’était pas intéressé. »

Le gouvernement de Paolo Gentilonia a sans aucun doute raté l’opportunité de donner une bouffée d’oxygène au financement de son économie, lui permettant de rejoindre les rangs des émetteurs européens ayant réussi à attirer l’attention des investisseurs moyen-orientaux.

Les autres pays européens intéressés par ce financement alternatif

Pour mémoire, le Royaume-Uni, en 2014, a pu lever 200 millions de livres, suivi du Luxembourg avec une émission souveraine de 200 millions d’euros, lesquels ayant été sursouscrits au moins 10 fois. Une décennie plus tôt, le gouvernement allemand de l’État de Saxe-Anhalt a levé 100 millions d’euros sur les marchés de capitaux islamiques, en étant le premier état d’Europe à émettre un sukuk souverain.

L’espoir d’assister à une émission italienne de sukuk souverain a-t-il disparu ? Dur à dire. L’actuel ministre des Finances semble avoir peu d’intérêt pour cette forme de financement alternatif bien que la Commission des finances de la Chambre des représentants ait formulé une proposition de loi sur le traitement fiscal des contrats financiers islamiques à l’instar des instructions fiscales relatives aux instruments financiers islamiques adoptées par la France en 2009 et 2010.

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SAAFI à l’Institut de Recherche et de Formation en Finance Islamique (IRFFI)

Le Directeur de SAAFI était à l’Institut de Recherche et de Formation en Finance Islamique (IRFFI) d’Algerie pour former les collaborateurs de la Banque Agricole et de Développement Rural.

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Voir la SAAFI au salon de l’Algérie

 

KT Bank, première banque islamique d’Europe continentale, poursuit sa croissance

La première banque islamique d’Europe continentale est allemande et elle s’appelle KT Bank AG. Domiciliée à Francfort, elle poursuit sa croissance.

La filiale de la banque turque Turkish Kuveyt Türk Participation Bank dont les actionnaires incluent Kuwait Finance House, l’une des plus importantes banques islamiques du monde, dispose d’une assise financière solide. Kuveyt Türk est présente en Allemagne depuis 2004. En 2010, KT Bank AG a obtenu de l’Autorité fédérale de surveillance des finances (BaFin), une licence de courtage. En mars 2015, après avoir présenté une demande d’agrément en 2012, la BaFin lui a accordé une licence bancaire complète pour la fourniture d’activités de dépôts et de crédits.

Une phase d’établissement terminée

KT Bank AG, première banque islamique d’Allemagne et de la zone euro, dispose de succursales à Francfort, Berlin, Cologne et Mannheim. La banque, qui vient d’achever sa phase de décollage et d’établissement sur le marché allemand, a considérablement amélioré ses résultats d’exploitation.

Avec un portefeuille diversifié, composé de produits et services financiers innovants offerts aux particuliers et aux entreprises, les actifs de la banque ont doublé entre fin de 2015 et fin 2016. L’offre de KT Bank AG comprend également des produits et services bancaires islamiques pour les clients institutionnels.

Des perspectives de croissance de 80 % des actifs en 2017

Ufuk Uyan, président du conseil de surveillance de KT Bank AG mais aussi directeur général et membre du Conseil d’administration de la banque mère Kuveyt Türk Participation Bank à Istanbul, a annoncé des perspectives exceptionnelles : « En 2017, KT Bank AG prévoit une augmentation de 80 % de ses actifs. Nous disposons d’une base solide, la maison mère Kuveyt Türk est la plus grande banque islamique de Turquie et nous sommes soutenus par Kuwait Finance House, l’une des principales institutions financières islamiques du monde. Pourtant, nous n’aurions pas pu déployer ces efforts sans l’aide des autorités de régulation allemandes qui ont été très coopératives lors de la mise en œuvre de ce nouveau modèle d’entreprise ».

« Les principaux acteurs politiques et économiques de la zone euro ont compris que les banques islamiques peuvent contribuer à un marché financier stable et éthique dans les économies occidentales », a-t-il ajouté.

Le président actuel Kemal Ozan, banquier islamique de la première heure, qui a piloté le projet de fondation de la KT Bank AG passera le relai fin avril à Ahmet Kudsi Arslan. Ce dernier, qui a évolué pendant deux décennies au sein de la maison mère Kuveyt Türk Participation Bank, a récemment déclaré : « KT Bank AG est aujourd’hui dans un contexte très favorable, avec ses 70 employés, ses quatre agences et un afflux régulier de nouveaux clients, la banque va poursuivre son développement. Nous continuerons de croître grâce au soutien apporté par nos clients à la recherche d’éthique et d’investissements socialement responsable et à celui de notre société mère. »

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